La Falaise Verte
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Kyudo |
PROPOS SUR L'ESPRIT DU KYUDO TAÏKAN JOYJI Si on dit du Kyudo que c'est le Zen-debout ou
Zen-en-mouvement, cela tient au fait que le Kyudo offre des possibilités
d'intériorisation et d'introspection semblables à la méditation Zen. Cette
discipline permet de tourner avec force son regard vers l'intérieur. Le
Kyudo est une pratique méditative et une voie de réalisation. Ni l'âge ni
le sexe ni la force physique n'ont d'importance pour pratiquer le Kyudo.
Si l'on a deux bras, deux jambes et un corps, cela me semble suffisant. La
tête n'est pas vraiment nécessaire. Quand je dis "la tête n'est pas
vraiment nécessaire", je veux dire ce qu'elle contient ; dès lors qu'il ne
s'agit pas d'utiliser son intellect pour tirer, on n'a pas besoin de sa
tête. On utilise un de ses yeux pour viser, alors on n'a pas besoin de sa
tête. Le nez ne me paraît pas utile non plus... sauf pour respirer ! La
bouche encore moins. Peut-être qu'une oreille est ce qui resterait
nécessaire pour la pratique du Kyudo, ce qui ne veut pas dire qu'un sourd
ne peut pas pratiquer. Donc, de la tête seuls un œil et l'oreille gauche
peuvent servir. Au moment du décoché, on peut juger de sa qualité au bruit
que fait la corde lorsqu'elle frappe le tympan du bois supérieur de l'arc
; on appelle ce bruit le tsurune, "le son de la corde". Quant à la
parole elle n'est pas importante non plus car d'ordinaire, dans un Dojo,
tout bavardage est à éviter, pour ne pas dire à proscrire, car cela
perturbe la concentration et facilite la dispersion. Pratiquer le Kyudo,
c'est apprendre à être concentré, c'est la raison pour laquelle on évite
toute conversation inutile au cours de l'entraînement. Ne pas être manchot
est enfin une condition importante.
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